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Ronan Huet est expert automobile agréé d’état depuis plus d’une dizaine d’années. Il travaille pour Experveo, une entreprise spécialisée dans l’accompagnement à l’achat de véhicule d’occasion : historique des sinistres, examen du véhicule, essai… ainsi que de l’expertise de véhicules de collection par sa filière Classic Expert.

Lorsque l’on achète une voiture à un particulier, quelles questions doit-on impérativement poser au vendeur ?

RH : Il faut savoir depuis quand l’acheteur possède le véhicule, comment il l’utilise mais surtout pourquoi il souhaite s’en séparer aujourd’hui. Lorsque l’on pose cette question, la réaction du vendeur est aussi importante que la réponse en elle-même. Les réponses trop évasives voire incohérentes doivent alerter.

L’échange et surtout l’impression que l’on ressent face au vendeur ont autant de valeur que les vérifications administratives et mécaniques.

Parmi elles, le kilométrage du véhicule fait partie des impératifs à vérifier. Si un véhicule est vendu moins cher à cause d’un fort kilométrage, il faudra prévoir des frais d’entretien inévitables. A contrario un véhicule vendu à un prix bien en dessous de véhicules similaires doit alerter également. Il est également conseillé de demander si la voiture a été accidentée et comment elle a été entretenue, via la présentation de justificatifs.

Quels documents doit-on demander au vendeur ?

RH : Le premier document administratif à demander est la carte grise. Lorsque le véhicule est vendu à un particulier et que vous le rencontrez dans un lieu public, la pièce d’identité de ce dernier peut être demandée. Ce n’est pas toujours simple de le faire, mais il est primordial de savoir à qui l’on achète son véhicule. Cela permet de vérifier que le vendeur est bien le possesseur légal du véhicule. Et si ce n’est pas le sien, il doit pouvoir l’expliquer de manière cohérente. Cela permet également d’avoir quelqu’un à contacter en cas de problème.

Si l’acheteur refuse de donner son identité, il vaut mieux ne pas acheter la voiture. Un contrôle technique daté de moins de 6 mois sera nécessaire pour le transfert de carte grise lors de l’achat, par conséquent, il est à demander au vendeur ou à quelle date il doit être réalisé si ce n’est pas le cas, celui-ci étant généralement effectué juste avant l’achat. Il ne faut jamais acter une vente avant d’avoir eu ce papier entre les mains.

Parmi les documents utiles, le carnet d’entretien fait partie des indispensables, tout comme les factures d’entretien car elles sont plus détaillées. La notice d’utilisation du véhicule et le code autoradio peuvent également être utiles.

Si le vendeur a acheté sa voiture chez un concessionnaire, la facture d’achat peut être intéressante. Cela permet de connaître plus précisément dans quelles mains le véhicule est passé. Enfin, ne pas oublier de demander le double des clés.

Quels éléments doivent être vérifiés sur le véhicule ?

RH : Sur le carnet d’entretien est inscrit le kilométrage du véhicule. Il faut comparer cette donnée avec celle du véhicule. En moyenne, une voiture parcourt entre 15 000 et 20 000 kilomètres par an. Si par exemple, le carnet d’entretien montre un kilométrage de 62 000 km en 2013 et qu’en 2017, celui-ci ne passe qu’à 63 000, cela doit alerter l’acheteur.

En plus du kilométrage, l’aspect général doit évidemment être pris en compte. Bien faire le tour, prendre son temps pour détecter les éventuels défauts esthétiques. Il faut aussi penser à regarder le toit, car cela permet de voir si le véhicule a été grêlé.

Comment essayer la voiture de manière efficace ?

RH : Toutes les fonctions principales doivent être testées, qu’il s’agisse des vitres, des rétroviseurs, du chauffage ou encore des sièges. Ces vérifications semblent anodines mais la réparation ou le changement de certaines pièces peut coûter très cher. Il faut donc toucher à tous les boutons, tester les fauteuils… Regarder les niveaux et l’état des pneumatiques est également important. Toutes ces vérifications sont accessibles même aux plus novices.

Lors du test de conduite, il est plus judicieux d’effectuer un vrai trajet et non un petit tour de parking ou de pâté de maison. Certains défauts ne sont détectables qu’une fois le moteur chaud, il faut alors lui laisser le temps de monter en température.

Quels pièges courants dois-je éviter ?

RH : Entre la vente et la remise du véhicule, il arrive que les pneus aient été changés. Il ne faut pas hésiter à refaire un tour rapide avant de repartir avec la voiture. Je conseille également de ne jamais payer sans avoir vu l’intégralité des documents. Certains vendeurs promettent de les envoyer plus tard, mais ne les ont en fait tout simplement pas.

Les ventes réalisées sur des parkings doivent appeler à la plus grande vigilance. C’est dans ce cas-là, il faut être regardant concernant l’identité du vendeur.

Le recours est-il possible en cas de vices cachés ?

RH : Il faut d’abord être très clair sur cette notion. Un vice-caché ne doit pas être apparent au moment de la vente. Si l’acheteur se rend compte après coup qu’une pièce est usagée, alors que l’acheteur n’a pas cherché à le dissimuler au moment de l’achat, il n’y a pas de recours possible (mention éventuelle sur le contrôle technique par exemple). Dans la même idée, si une panne intervient après une vente, elle n’est pas forcément due à un vice-caché. La difficulté est donc bien de prouver qu’il y a vice caché et que le problème était déjà présent au moment de la vente.

Dans le cas d’une vente entre particuliers ou d’un achat à un professionnel, l’appel à un expert peut être nécessaire si vous avez contacté le vendeur et que celui-ci ne veut rien entendre de vos problèmes rencontrés suite à l’achat. Il faut alors se rapprocher de son assurance auto.

Si l’acheteur a souscrit une garantie protection juridique, présente dans quasiment toutes les formules, même les plus basiques, c’est l’assureur qui mandate un expert pour trouver la cause du vice-caché.

Si l’automobiliste décide de faire appel à un expert sans passer par son assurance, il faut qu’il fasse attention à ce que l’expert soit agréé. On ne le sait pas assez, mais il existe une liste nationale d’experts ayant reçu un agrément de l’Etat. Lancer une procédure peut être long et coûteux, aussi, il vaut mieux respecter ces différentes étapes.

Attention, l’acheteur n’a que deux ans pour engager une action judiciaire à compter du moment où il découvre l’existence d’un vice caché. Passé ce délai, il ne pourra plus se retourner contre son vendeur. En pratique, c’est souvent le rapport de l’expert amiable qui marque le point de départ du délai de 2 ans.

Quels autres conseils pouvez-vous nous donner ?

RH : Lorsque l’on achète son véhicule chez un concessionnaire, il faut qu’il ait pignon sur rue. Si l’on voit une bonne affaire chez un petit vendeur, des recherches sur le garage et son sérieux sont indispensables.

Le conseil le plus important reste celui-ci : « dans le doute, s’abstenir d’acheter ». Le ressenti a une part très importante dans une vente, quand on n’est pas sûr de soi ou du vendeur, il vaut mieux laisser passer ce qui aurait pu être une bonne occasion.

Dans la même idée, il faut faire très attention aux particuliers comme aux professionnels qui poussent à la vente, prétextant que beaucoup d’acheteurs potentiels sont positionnés sur la vente. Il vaut mieux ne jamais se précipiter car on n’achète pas une voiture à la légère.

N’hésitez pas, si le véhicule se trouve loin de chez vous ou si vous voulez être sûr de votre achat, à vous faire aider par un professionnel, qui pourra vous conseiller, vous rassurer ou vous dissuader sur l’achat d’un véhicule.

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