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3.000 à 6.000 euros pour obtenir un départ des lieux. Voilà ce que réclament les « okupas » qui squattent les appartements vides d’Espagne. Ce phénomène « appartement contre rançon » serait, selon l’AFP, en partie lié à l’éclatement en 2008 d’une bulle immobilière de construction débridée, alors que le pays s’enfonçait dans la crise.

Et alors qu’il y a 3,4 millions de propriétés vides en Espagne [13,7 % du parc immobilier, NDLR], ces « mafieux » qui « séquestrent » des appartements pour exiger des rançons gagnent du terrain.

La demande en portes blindées a explosé

« Ils cherchent des appartements vides sur internet ou dans les registres publics pour y entrer de force. Ils branchent illégalement les services publics – eau, gaz, etc. – puis les remettent à des occupants », explique Enrique Vendrell, président du collège des syndics de Barcelone. Pour ce service, nos mafieux feraient payer moins de 1.000 euros. Quant aux nouveaux « locataires », ils soumettent ensuite les propriétaires à un chantage… et souvent à des menaces.

Bilan : la demande en portes de plus en plus blindées a explosé depuis trois ans. « Nous en installons quelque 1.500 chaque mois en Espagne », assure Juan Carlos Parra, commercial de la société catalane STM Seguridad Integrada, spécialisée dans l’installation de portes en acier. L’entreprise spécialisée « Desokupa » a, elle, été créé en 2016 pour amener des squatteurs supposés malveillants à vider les lieux. Controversée, la société assure ne faire que de la médiation mais emploie anciens boxeurs et agents de sécurité privés aux carrures d’armoires à glace…

Les logements appartenant aux banques plus visés

A Barcelone, l’AFP a cherché à recueillir des témoignages de victimes. En vain, ces dernières ayant souvent peur de représailles. Une crainte qui conduit de plus en plus certains propriétaires à renoncer à afficher des panneaux de vente ou de location, pour ne pas attirer l’attention des mafias.

Reste à préciser que les logements appartenant aux banques [45.000 appartements vides estimés en Catalogne, NDLR] sont les plus visés car ces entités sont davantage solvables et mettent davantage de temps à déclencher les procédures d’expulsion« Les délais des procédures d’expulsion sont très variables. A Barcelone, cela peut prendre entre six et huit mois, entre le dépôt de la plainte et l’autorisation judiciaire d’expulsion », explique l’avocat Antoni Garriga. Et les « okupas » le savent : dans la plupart des cas, les propriétaires préfèrent payer afin de gagner du temps.

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