MENU

Pour visiter un logement à Paris, mieux vaut avoir un nom à consonance française que maghrébine, révèle une étude du CNRS basée sur un « testing » (1) sur des centaines d’annonces immobilières du parc locatif privé, rendu public ce jeudi.

Le taux de réponse est de 42,9% pour le fonctionnaire français

Les résultats, sans appel« soulignent une discrimination forte et ce n’est pas lié à la capacité de payer des candidats mais à une aversion pour leurs origines », souligne Yannick L’Horty, directeur de la fédération de recherche Travail, emploi et politiques publiques du CNRS. Pour preuve, sur l’ensemble des annonces passées au crible, le taux de réponse est de 42,9% pour un fonctionnaire français, contre 18,7% pour un Français non fonctionnaire, 15,5% pour un fonctionnaire d’origine maghrébine et 12,9% pour un non-fonctionnaire d’origine maghrébine.

Selon Sarah Benichou, chef de l’unité Accès aux droits et discriminations du Défenseur des Droits, ce dernier « est saisi régulièrement de cas de discriminations », dont 6,5% portent sur le logement. Et de citer en exemple le cas « très fréquent » d’un jeune Guadeloupéen se voyant refuser une location car ses garants, ses parents, résident outre-mer. Ces saisines ne sont que la partie « émergée de l’iceberg », regrette Sarah Benichou, « les recours étant très faibles par rapport à l’ampleur des discriminations ».

Un délit pénal punissable de 45.000 euros à 225.000 euros

« Nous avons besoin d’études qui permettent de renseigner (ce phénomène) pour faire de la pédagogie, travailler avec les professionnels et adapter les politiques publiques », a réagi la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, qui a noué des partenariats avec le Défenseur des Droits et SOS Racisme, les soutenant financièrement pour de nouveaux testings.

A noter que dans un communiqué, la Maison des Potes a demandé que les résultats de ces testings soient communiqués au procureur de la République, soulignant que la discrimination raciale est un délit pénal punissable de 45.000 euros et trois ans de prison pour un particulier et de 225.000 euros pour une agence immobilière.

(1). Entre début avril et fin mai 2016, les chercheurs ont envoyé des messages à 504 annonces immobilières sous quatre profils différents : deux dont le patronyme renvoyait à une origine française (Julien Leroy et Thomas Moreau), et deux dont le patronyme évoquait une origine maghrébine (Ahmed Kaidi et Karim Khalis). Un candidat français et un candidat maghrébin indiquaient être fonctionnaires, laissant présumer d’une stabilité professionnelle et financière.
Comparer les devis habitation

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Comparer les devis habitation