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Après 15 ans de tergiversations, le carnet de santé numérique va-t-il enfin devenir une réalité pour les Français ? Oui si l’on en croit la ministre de la santé Agnès Buzyn qui doit annoncer ce mardi 6 novembre la généralisation du dossier médical partagé (DMP), que tous ses prédécesseurs ont échoué à mettre en œuvre.

Avec une promesse : permettre à chacun d’accéder à ses données de santé, tout en facilitant le partage d’informations entre soignants.

Objectif : 40 millions de carnets de santé en ligne

L’exécutif précisera devant la presse comment il compte atteindre l’« objectif de 40 millions de DMP ouverts d’ici à 5 ans », inscrit dans l’accord signé début octobre entre la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS), qui regroupe une vingtaine de syndicats.

Une « première phase de développement » conduite dans neuf départements a déjà permis de créer 550 000 DMP en 18 mois, entre décembre 2016 et mai 2018. En comptant ceux ouverts durant la décennie précédente, « plus de 1,2 million de DMP » étaient ouverts au début de l’été, selon la Cnam.

Des incitations financières

Pour lui donner toutes les chances de réussir, un décret permet désormais d’ouvrir son propre DMP sur Internet ou auprès des agents des caisses d’assurance maladie, en plus des professionnels et établissements de santé.

Le même texte autorise l’Assurance maladie à injecter automatiquement dans le DMP « l’historique des remboursements », c’est-à-dire la liste des actes et des médicaments pris en charge par la Sécu sur les deux dernières années.

Assez pour convaincre les médecins libéraux de jouer le jeu et d’alimenter à leur tour ces dossiers ? C’est en tout cas le pari que fait la Cnam, qui n’exclut pas de négocier « des mécanismes d’incitation » financière, comme elle l’a déjà fait avec les pharmaciens, qui toucheront un euro par DMP ouvert.

Le secret médical en question

Il faudra aussi surmonter les écueils techniques, en fournissant aux hôpitaux et aux cabinets médicaux des logiciels capables de transmettre des documents vers le DMP « en un clic », comme le réclament depuis longtemps les syndicats de praticiens.

Le système devra également garantir une sécurité sans faille, car les dossiers ne seront pas anonymisés. Une lourde responsabilité qui repose sur l’hébergeur de données Santeos, filiale du groupe français Atos, bientôt garant du secret médical d’une nation entière.

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