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A une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, les cinq principaux candidats rivalisent de promesses fortes pour répondre aux préoccupations des Français en matière de santé. Le premier challenge du prochain président pourrait être le déficit de l’Assurance maladie avec lequel il devra composer. En 2016, il était de 4,8 milliards d’euros, le gouvernement visant 2,6 milliards pour 2017. En la matière, chaque candidat à ses solutions.

Pour équilibrer les comptes François Fillon veut réaliser 20 milliards d’euros d’économies en cinq ans, soit le double de l’objectif actuel. En misant sur la prévention, le leader d’En marche!, Emmanuel Macron, vise 15 milliards d’euros d’économies sur la même période. La candidate du Front national, Marine Le Pen, promet elle « de pérenniser le financement de la Sécu en simplifiant l’administration du système, en luttant contre la gabegie et en investissant dans le numérique« .

Jean-Luc Mélenchon promet un tournant radical

Tous les candidats veulent améliorer la prise en charge des frais de santé. Mais celui de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, promet un tournant radical : le remboursement intégral des soins prescrits par l’Assurance maladie, où seraient « rapatriés » les mutuelles et leurs personnels, notamment grâce à la transformation des primes versées à ces organismes en cotisations sociales. Une mesure évaluée à 16,4 milliards d’euros par an (l’équivalent des frais à la charge des patients) par l’Institut Montaigne, un think tank réputé libéral. Abolition des dépassements d’honoraires et renforcement du paiement des médecins au forfait figurent également à son programme.

Contraint de revoir sa copie après le tollé suscité par son projet de transférer les « petits risques » aux mutuelles, François Fillon vise désormais, comme Emmanuel Macron, un reste à charge zéro pour les soins dentaires [le candidat est même favorable au remboursement intégral par la Sécu des lunettes pour enfants, NDLR] et les prothèses auditives d’ici 2022.

François Fillon rajoute à ses promesses la prise en charge des dépassements d’honoraires par les complémentaires. Emmanuel Macron, qui mise sur la concurrence, exclut toute augmentation des tarifs d’assurances ou mutuelles santé, quand le candidat de la droite promet une augmentation « maîtrisée » grâce à une agence de régulation. Du côté de Benoît Hamon qui est favorable à une mutuelle publique, selon son équipe, on veut augmenter la participation de la Sécurité sociale sur les soins dentaires, optiques et les prothèses auditives.

Hôpital et augmentation du temps de travail à 39 heures

Pour attirer les médecins dans les territoires en manque de praticiens, les candidats préfèrent les incitations financières, le développement des maisons de santé pluridisciplinaires ou le relèvement du numerus clausus à la coercition, dans la continuité du quinquennat Hollande. Benoît Hamon propose toutefois de ne plus autoriser le conventionnement avec l’Assurance maladie dans certaines zones si le médecin refuse de pratiquer des tarifs sécu sans dépassements. Le candidat de La France insoumise veut lui créer un corps de médecins généralistes fonctionnaires rémunérés pendant leurs études puis affectés par l’Etat pour 10 ans.

Face à un hôpital public en souffrance, François Fillon, qui est disposé à supprimer 500.000 postes de fonctionnaires, ne le fera pas dans les établissements de santé mais prône une augmentation du temps de travail à 39 heures avec des carrières et salaires améliorés. Benoit Hamon ne s’en cache pas, il veut augmenter les effectifs, comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon (62.500 postes de soignants et médecins supplémentaires). Tous veulent revoir le financement de l’hôpital qui repose sur la tarification à l’activité (T2A) – dont Marine Le Pen propose la suppression – un chantier déjà amorcé sous François Hollande. Emmanuel Macron promet aussi un « plan d’investissement dans l’hôpital et l’innovation médicale » de 5 milliards d’euros sur cinq ans et un service sanitaire de trois mois d’actions de prévention pour les étudiants en santé.

CMU-C, AME et Sécu

Parmi les mesures importantes destinées à une partie non négligeable de leur électorat, François Fillon et Marine Le Pen veulent supprimer le tiers payant généralisé. La dispense d’avance de frais, mesure phare de la ministre Marisol Touraine, a été largement décriée par les médecins libéraux. Les deux candidats s’accordent aussi sur la fin de l’aide médicale d’État (AME, destinée aux étrangers sans papiers), que l’ancien premier ministre veut remplacer par une dispense d’avance des frais limitée aux urgences et maladies graves (hors mineurs). Marine Le Pen veut aussi imposer un délai de carence pour les remboursements des étrangers en situation régulière.

De son côté, Benoît Hamon souhaite fusionner l’AME et la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) et automatiser l’accès à ces aides pour les personnes éligibles. La prévention est un axe fort du programme du candidat socialiste, défenseur du remboursement par la Sécu d’activités physiques prescrites ou de la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle. Une mesure inédite.

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