Benoît Hamon (36,5% des suffrages) et Manuel Valls (31,1%) s’affrontent ce dimanche au second tour des primaires PS. Les deux candidats ont présenté leur programme pour la présidentielle 2017. Petit aperçu de leurs différences concernant le secteur de la santé.

Remboursement des soins

Quand Manuel Valls s’oriente vers un renforcement du rôle de la Sécurité sociale dans le remboursement des soins, Benoît Hamon suggère d’étendre la généralisation de la complémentaire santé à tous les Français.

L’ancien Premier ministre compte lui supprimer le ticket modérateur (reste à charge pour le patient) pour certains soins dits « de ville ». Il souhaite aussi interdire les dépassements d’honoraires des médecins en secteur 2 et doubler le budget de la prévention santé.

Benoit Hamon de son côté compte étendre les complémentaires santé indépendamment du statut professionnel ou personnel. Pour ce faire, il entend réorganiser la répartition des 8 milliards d’euros d’aides publiques actuelles (Ani et avantages Madelin). Elles devraient bénéficier aux fonctionnaires, aux retraités, aux étudiants et aux chômeurs de longue durée. Une partie de ces aides devra aussi financer la Sécurité sociale.

Contrairement à François Fillon, qui parlait de confier les « risques lourds » à l’Assurance maladie et les « petits risques » aux assurances complémentaires, les candidats de la gauche caressent l’idée d’une assurance maladie universelle. Dans cette perspective, Martin Hirsch plaidait en janvier dernier pour la fusion de la Sécurité sociale et les complémentaires. Ni Benoît Hamon ni Manuel Valls n’entendent cependant supprimer les complémentaires.

Euthanasie et cannabis

A la croisée entre santé et société, Benoît Hamon souhaite créer un droit à une aide médicale pour mourir dans la dignité. Cette mesure concernerait toutes les personnes atteintes d’une maladie incurable qui en font la demande. Plus modéré, Manuel Valls propose l’ouverture d’un consensus.

Benoît Hamon souhaite également interdire les perturbateurs endocriniens, les pesticides dangereux et l’importation de denrées « utilisant une substance interdite en France ».

Benoît Hamon tranche aussi avec Manuel Valls sur la légalisation du cannabis. Le député des Yvelines compte autoriser et encadrer la commercialisation de la plante hallucinogène. Pour éviter les mauvais usages de ce produit, il propose aussi de consacrer « les 568 millions d’euros annuels utilisés pour la répression à des fins de prévention ».

De son côté, Manuel Valls s’oppose fermement à toute forme de dépénalisation ou de légalisation.

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