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Des médicaments dangereux en libre circulation

Certains médicaments en vente libre sont achetés dans le but de soigner une affection considérée comme sans gravité et parfaitement diagnostiquée. Délivrés sans ordonnance et parfois sans conseil, ces produits sont perçus comme sans danger par les consommateurs.

Utilisés en automédication pour un rhume, un mal de gorge ou des problèmes intestinaux, ces médicaments sont pour beaucoup inefficaces, voire dangereux, dans certains cas.

En février 2017, la revue médicale indépendante Prescrire a publié, pour la cinquième année consécutive, une liste des 91 médicaments dangereux. Alors qu’ils ont obtenu leur autorisation de mise sur le marché, ces produits présentent une balance bénéfices-risques défavorable.

Cette constatation mène à conclure qu’une partie de ces médicaments devrait être retirée de la vente libre et délivrée sur prescription, alors que d’autres devraient être tout simplement retirés du marché.

Des associations de substances risquées

Certains de ces médicaments dangereux en vente libre contiennent des substances qui ne devraient pas être associées :

  • un sirop qui contient de la codéine, employée comme antitussif, en même temps que deux expectorants produit des effets totalement opposés.
  • un comprimé peut contenir des substances qui décuplent les risques de somnolence, ce qui est extrêmement dangereux pour les conducteurs de véhicules ou dans le cadre de certaines professions.

Parmi la liste noire des médicaments dangereux, on retrouve entre autres :

  • plusieurs médicaments de rhumatologie et contre la douleur, comme le diclofénac (Voltarène° ou autre) par voie orale, qui exposent à un surcroît d’effets indésirables cardiovasculaires.
  • des médicaments d’infectiologie, comme la moxi oxacine (Izilox° ou autre), un antibiotique qui expose à des syndromes de Lyell, des hépatites fulminantes, et un surcroît de troubles cardiaques.
  • des médicaments de gastro-entérologie, comme la dompéridone (Motilium° ou autre) et le dropéridol (Droleptan°), des neuroleptiques qui exposent à des troubles du rythme ventriculaire et des morts subites, disproportionnés par rapport aux symptômes traités et à leur faible efficacité sur les nausées et les vomissements.

Informer les patients sur les risques

Les produits présents sur la liste des médicaments dangereux sont aussi très chers puisqu’ils sont inefficaces. Sans pour autant contester systématiquement les bénéfices de l’automédication, ces médicaments devraient donc bénéficier d’une information maximale et aisément compréhensible pour des personnes qui veulent se soigner sans être médecin.

La revue Prescrire conclut son étude en prônant la nécessité d’informer clairement le patient sur les risques qu’il encourt, lorsqu’il est impossible d’éviter d’utiliser un médicament dangereux, notamment dans le cadre d’un essai clinique.

Le conseil d'Hervé !
Un risque supplémentaire de l’automédication est le masquage d’affections plus graves. En amoindrissant les symptômes, le diagnostic devient plus difficile tant pour le patient que pour le médecin. Demandez toujours conseil à votre pharmacien avant d’acheter un produit sans ordonnance.
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