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L’accès à la propriété, secret de la prospérité ? Dans une étude publiée jeudi 19 avril, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) révèle pourtant le contraire. Une hausse de +10% de la densité de propriétaires au niveau local augmenterait de +0,6% le taux de chômage. Le Figaro s’est penché sur ce paradoxe.

Stabilité résidentielle et professionnelle

L’Insee le reconnaît, les propriétaires « sont moins souvent au chômage que les locataires ». Un emploi stable permet d’abord d’accéder plus facilement à la propriété. Les banques accordent plus facilement un crédit aux particuliers en CDI, qu’aux titulaires d’un CDD ou d’un contrat précaire. Ces profils qui deviennent propriétaires restent moins exposés que les autres au risque de perdre leur emploi. Leur présence se traduit par un recul mécanique du chômage.

En revanche, ce public cherche autant la stabilité professionnelle que résidentielle. Les propriétaires souhaitent éviter de payer à répétition des frais de notaire, au gré des déménagements. Certains économistes pensent que cet état d’esprit serait néfaste à la carrière des propriétaires. En cas de chômage, les bailleurs privés mettraient plus de temps à retrouver du travail. En tant que candidats à l’embauche, ils pâtiraient de leur faible mobilité.

La fluidité du parc de logement

L’Insee conteste cette analyse. En revanche, les chercheurs admettent que la stabilité résidentielle pèse sur la collectivité. Les propriétaires réduiraient la fluidité du parc de logements dans les zones où ils sont plus nombreux. Les chômeurs locataires auraient du mal à se loger au même endroit pour un nouvel emploi. Une densité de propriétaires trop élevée créerait des tensions sur le marché du logement, puis du travail et à terme une hausse du taux de chômage.

« Cet effet est deux fois moindre aux États-Unis », note l’institut. En France, l’accès à la propriété tend à stagner depuis 20 ans, tandis que le chômage recule. Dans ce contexte, l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) accuse le gouvernement de vouloir changer la France en pays de locataires. Ce n’est pas l’unique solution. En 2010, d’autres économistes suggèrent de rendre les propriétaires plus mobiles avec la déductibilité des loyers et l’allégement des droits de mutation.

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